Esturgeons et aquaculture

Le caviar sauvage tendant à se raréfier et le commerce international des principaux stocks ayant été suspendu en 2011, c’est l’esturgeon d’élevage qui satisfait de plus en plus la demande en caviar.

L’élevage d’esturgeons constitue un secteur de l’aquaculture en forte expansion. En 2011, 142 tonnes d’esturgeons de captivité ont été produites dans le monde entier – une estimation de volume annuel qui a sans aucun doute augmenté depuis– et 97% de la valeur du caviar importé dans l’UE sont issus de l’aquaculture.

Agissant en accord avec les organisations de préservation de la nature, cette industrie peut bénéficier à la fois aux esturgeons sauvages et aux communautés locales, en répondant d’une part à la demande en caviar et en chair d’esturgeon sans épuiser les stocks naturels déjà réduits et en stimulant d’autre part les économies locales.

Cependant, les activités aquacoles ne présentent pas que des avantages. Ainsi, au cours des dernières années, d’aucuns ont exprimé la crainte que ce secteur permette de dissimuler des pratiques frauduleuses. Selon certaines hypothèses, des esturgeons d’origine illégale seraient gardés à des fins reproductives et du caviar d’esturgeon sauvage prélevé illégalement serait vendu comme produit de l’aquaculture. Techniquement il est possible de distinguer le caviar sauvage de celui issu d’esturgeons d’élevage (en déterminant leur isotope ou leur composition en acides gras), mais cette méthode n’est pas encore généralisée.